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воскресенье, 16 февраля 2014 г.
La France transformée en gruyère
La France transformée en gruyère
Toujours plus de béton, toujours plus de sable, donc plus de trous. Mais un coup de frein se prépare.
« La prairie normande ne doit pas être transformée en trous d'eau. » Ce cri de guerre mobilise toute la vallée de l'Eure. Région réputée pour le calme de ses vallons, mais aussi pour la distinction et l'influence de ceux qui y possèdent des résidences secondaires.
Motif de leur inquiétude : les sabliers menacent de transformer leurs villages en cités lacustres à force de creuser le sol à la recherche de sable et de cailloux.
La vallée de l'Eure n'est pas la seule en révolte : quelques centaines de manifestants ont protesté, récemment, dans les rues de Tourrette-Levens, près de Nice, contre la vente à un carrier du site du Mont-Revel ; des élus alsaciens s'inquiètent des gravières multiples qui défigurent la vallée du Rhin entre Strasbourg et Colmar. Même son de cloche au bord de la Loire, de la Garonne, de la Saône et de la Moselle. A croire que toute la France est menacée de ressembler à un gruyère.
Elle l'est, si l'on n'y prend garde : 220 millions de tonnes de sable et de graviers ont été consommées en France, l'an dernier. Ce chiffre double tous les sept ans. Routes, immeubles, barrages, digues : les villes et l'industrie réclament toujours plus de béton, donc toujours plus de sable et de cailloux. Pour répondre aux besoins grandissants, les sabliers ont reçu toute liberté, à commencer par celle d'user et d'abuser du sol, comme personne, en France, ne l'avait jamais fait.
En vert. Les militants de là vallée de l'Eure viennent de s'apercevoir qu'il n'était pas facile de mettre fin à ces droits exorbitants. « Quand je suis arrivé à la mairie, en mars 1971, j'ai été stupéfait de trouver sur mon bureau une demande d'exploitation de 545 ha, sur nos terres et celles des trois communes voisines », explique M. Max Ferrand, maire d'Hardencourt. Stupéfaction bien compréhensible : le site d'Hardencourt est tellement protégé que l'Administration obligea un jour le propriétaire d'un poulailler à en peindre le toit en vert pour qu'il se confonde avec les champs.
Devant la menace des sabliers, bien plus grave pour leur environnement, les quatre maires ont rédigé un rapport exposant leurs inquiétudes : la destruction du site, les trous d'eau aux pentes raides, où risquent de se noyer les enfants, le bruit des trieuses et des concasseuses, les camions qui défoncent les petites routes, la pollution qui menace, au-delà des ballastières, la nappe phréatique et l'Eure elle-même. Le tout, pendant quinze ans.
« Nous voulons au moins être sûrs que les trous seront aménagés et bordés d'arbres, explique M. Daniel Noël, adjoint au maire. Mais, même si nous n'obtenons pas cette garantie, nous savons que, de toute façon, l'Administration peut se passer de notre accord, et exproprier d'office les propriétairDu coup, tous les propriétaires, de Chartres aux Andelys, s'affolent. L'inscription de la région à l'Inventaire des sites pittoresques ne les a pas rassurés. L'Amicale des vallées de l'Eure, de l'Avre et de la Biaise déclare : « Nous irons, s'il le faut, jusqu'au Conseil d'Etat, pour dénoncer l'insuffisance des réglementations. Et les dérogations. »(...)
Mettre un frein à la liberté des sabliers et des carriers exigerait, en effet, beaucoup de fermeté : 250 entreprises, dispersées à travers la France, se partagent un chiffre d'affaires de 4 milliards de francs. Peu d'investissements, mais une fantastique rentabilité. Certains sabliers arrivent à vendre leur terrain quatre fois : ils vendent d'abord les arbres, puis le terreau à des horticulteurs, ensuite le gravier, motif officiel de l'entreprise. Et, enfin, le trou que l'on transformera en décharge, ou en étang à l'usage des pêcheurs. A ce rythme, le sable serait de l'or, s'il n'y avait le coût du transport. Le seul problème de la profession, c'est d'être au plus près du lieu de construction : « Sous la place de la Concorde, je suis sûr qu'il y a un excellent gravier », dit le directeur, rêveur, d'une importante société de ballastières (...). Alertés par les manifestations, qui se succèdent de toutes parts, les fonctionnaires de l'Environnement préparent, pour la fin du mois de février, en liaison avec le ministère de l'Industrie, des textes qui limiteraient les droits des sabliers et les obligeraient à réaménager à leurs frais les ballastières épuisées. Une taxe serait même créée pour alimenter un fonds destiné à ces aménagements. Elle permettrait aussi de dresser un inventaire, jamais fait, des ressources disponibles et exploitables en France.
La profession tout entière s'insurge. Pourtant, ce remède, avant même d'être appliqué, risque d'être insuffisant. Quand les vallées auront toutes été transformées en lacs et en étangs, où ira-t-on ? Dans la Manche, comme le font les Anglais depuis dix ans ? Mais les pêcheurs normands commencent déjà à protester.
Reste une solution : utiliser, dans le béton, d'autres matériaux : des pierres concassées, des argiles cuites ou des schistes expansés comme le font déjà les Allemands et les Suédois. Ce serait la fin des sablières. Et aussi des sabliers.
F. Monier
Il est aussi des atteintes moins perceptibles : les décharges à proximité des villes, en milieu rural mettent en cause des mentalités, des comportements individuels ou collectifs : décharges clandestines, cimetières de voiture... Circuits de ramassage, usines de transformation ne résolvent pas tous les problèmes : déchets toxiques, emballages perdus... Sommes-nous une civilisation des déchets ?
Les constructions anarchiques ou de goût douteux (formes, couleurs), certaines implantations de locaux préfabriqués, de lignes électriques défigurent souvent le paysage, sans parler de la multiplication des panneaux publicitaires...
Erreurs, ignorances, dangers graves mettent en évidence la nécessité d'une action, tant au plan collectif qu'individuel. »
La nature est menacée. (2-eme annee)
La nature est menacée.
La nature, ce n'est pas seulement le lieu de travail des ruraux, ou pour les citadins ce décor de verdure qu'ils rêvent de leur fenêtre. Ce sont des biens élémentaires indispensables, air, lumière et eau, ce sont des ressources énergétiques et minérales que notre civilisation consomme à une vitesse inquiétante, c'est un ensemble de processus biologiques dont dépend notre existence. Ce sont aussi à la limite les paysages, ces espaces humanisés qui forment le cadre de notre vie.
Si la nature est menacée l'homme l'est aussi, car elle vit avec nous, comme nous vivons d'elle.
Nous avons en quelque sorte perdu le contact. Notre pays, naguère rural par ses activités et son esprit, est devenu industriel et urbain. L'esprit de la ville et l'esprit de production, ou plutôt de fabrication, ont oblitéré la longue expérience des générations antérieures. «L'environnement», disait Louis ARMAND, «est un langage dont la grammaire était autrefois naturelle». Notre pouvoir technologique tout neuf a commencé par effacer ce respect ancestral des équilibres naturels, nous conduisant à oublier que notre existence reste inscrite entre eux. Aujourd'hui, la multiplication inconsidérée de nos consommations et de nos déchets nous rappelle à l'ordre. A l'échelle de notre localité, de notre pays, comme à celle de notre planète le problème de l'environnement est posé.
Nous sommes avertis d'avoir à dépasser cette première confiance trop aveugle en l'ingéniosité de notre civilisation industrielle, d'avoir à démasquer cette fausse innocence de chacun de nos gestes. Il nous faut retrouver le respect de la nature dont dépend aujourd'hui la poursuite du progrès.
C'est une affaire d'Etat, certes, mais aussi c'est l'affaire de chacun et de tous. La protection de notre environnement doit bien être, quelles que soient nos activités, un souci permanent. Notre responsabilité est en jeu.
Mais ceci ne serait que formule de prêche si cette responsabilité ne se fondait pas, en chacun de nous, sur la connaissance des équilibres naturels et de l'impact sur eux de nos actions. L'objet de ce cahier est précisément d'inciter à cette connaissance. Il n'est pas de fournir un compendium scientifique, mais de présenter, à partir de quelques faits et de quelques idées, une approche, une voie d'accès à la compréhension de cette globalité qu'est notre environnement. Il ne prétend pas satisfaire la curiosité scientifique, mais plutôt l'éveiller. Le savoir qu'il contient — savoir actuel que les recherches demain modifieront ou préciseront — est peu de chose. Mais ce peu est essentiel. Il est même suffisant si on ne se contente pas de le savoir, si on s'efforce de le comprendre, et sur cette base de réfléchir à tout le reste. Car ce cahier est fait pour rouvrir une dimension de culture vécue, de culture pour vivre.
Ce dossier est donc un appel à tous les maîtres, un appel à tous les enfants de l'école pour que, dès aujourd'hui, nous réapprenions à traiter la nature comme il convient et à connaître notre environnement pour l'améliorer.
C'est aussi un appel à l'esprit d'invention et de création des jeunes et des enseignants. S'il donne quelques exemples de ce qu'une classe peut découvrir, ceux-ci ne sont que des points d'appui. Ce fascicule n'est donc pas un manuel ; dans l'esprit qui a présidé à sa réalisation il se situe quelque part entre un livre, un guide pratique et une source d'inspiration et d'information. Il doit rester ouvert et sera très certainement perfectionné ou complété.
De la même façon ce problème de l'environnement qu'il pose, il convient de le laisser lui aussi ouvert, ouvert à l'invention, au travail, au génie humain. Il serait criminel de l'ignorer. Il le serait autant de l'enfermer dans des perspectives catastrophiques.
Ne mettons pas non plus la nature sous cloche. L'humanité n'a cessé de la façonner en biaisant avec elle. Serions-nous devenus d'un coup, au moment même où nos connaissances s'enrichissent prodigieusement, incapables de poursuivre cette cohabitation dynamique ?
Soyons vigilants mais confiants. Ce dossier nous montre que nous sommes loin d'avoir épuisé les leçons de la nature. Sachons au contraire y découvrir, y retrouver la clé de notre avenir.
понедельник, 10 февраля 2014 г.
Vidéosurveillance sur les lieux de travail
Vidéosurveillance sur les lieux de travail
Une entreprise peut installer des caméras de vidéosurveillance sur les lieux de travail à des fins de sécurité des biens et des personnes. Mais attention elles ne doivent pas filmer les salariés sur leur poste de travail sauf circonstances particulières (salariés manipulant de l'argent par exemple). Elles ne doivent pas non plus filmer les lieux de repos et les locaux syndicaux. Seules les personnes habilitées peuvent visionner les images enregistrées. La conservation des images ne doit pas excéder un mois. Les personnes concernées (employés et/ou visiteurs) doivent être informées de la présence de caméras via un panneau affiché de façon visible. Par ailleurs chacun des salariés doit être individuellement informé par avenant au contrat de travail ou par une note de service. Formalités Cnil Si les caméras filment un lieu non ouvert au public, le dispositif doit être déclaré à la Cnil. Si les caméras filment un lieu ouvert au public, le dispositif doit être autorisé par le préfet du département. Dans l'ensemble de ces situations, il ne faut pas oublier au préalable d'informer et de consulter les représentants du personnel.
Un centre commercial épinglé pour vidéosurveillance
Un centre commercial épinglé pour vidéosurveillance excessive Un centre commercial a été rappelé à l'ordre par la Cnil. Il utilisait un dispositif de vidéosurveillance permettant de filmer en continu les postes de travail et de contrôler les horaires des salariés.
En application du code de la propriété intellectuelle, toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans autorisation écrite de NetPME.
240 caméras dont 180 destinées à la surveillance des locaux En juillet dernier, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) avait été saisie d’une plainte dénonçant la surveillance des salariés à l’aide de caméras implantées dans le centre commercial. A la suite d’un contrôle sur place, la Cnil avait constaté que le dispositif de surveillance mis en place comportait 240 caméras dont 180 étaient destinées à la surveillance des locaux. Certains des locaux placés sous vidéosurveillance étaient d’ailleurs réservés aux salariés, tels que leurs bureaux mais aussi les toilettes, les vestiaires, le cabinet médical, les salles de pause ou l’accès aux locaux du comité d’entreprise. Le système de vidéosurveillance permettait également de couvrir la quasi-totalité des locaux de l’entreprise, ce qui conduisait à mettre les salariés sous surveillance permanente. Un dispositif également utilisé pour contrôler les horaires des salariés En outre, le dispositif mis en place ne visait pas exclusivement à protéger les biens et les personnes. Il était également utilisé à des fins de contrôle des horaires des salariés puisque certaines séquences vidéo extraites du dispositif concernaient des salariés en train de pointer lors de leur prise de fonction et/ou lors de leur sortie de l’établissement. Pour la Cnil, le dispositif mis en place dans le centre commercial conduit à une collecte de données « excessive et non pertinente », mais aussi « disproportionnée au regard de la finalité du dispositif ». Le contrôle avait aussi relevé que les salariés n'étaient pas suffisamment informés du dispositif de vidéosurveillance, que les vidéos étaient conservées sans limitation de durée et que le dispositif ne garantissait pas la sécurité et la confidentialité des données collectées. Autant de manquements qui ont conduit la Cnil à adopter une mise en demeure publique du centre commercial de « modifier son dispositif de vidéosurveillance pour ne plus porter atteinte aux droits de ses salariés ». Source : Cnil - Décision n° 2013-029 du 12 juillet 2013 Nathalie Lagarde Rédaction de NetPME
Installer un dispositif de vidéosurveillance ou de géolocalisation, recueillir des informations sur les candidats qui postulent à un poste,... des mesures qui ne sont pas anodines et dont doit être informéela Cnil. Adéfaut, ces dispositifs ne peuvent être opposés aux salariés. Recrutement et gestion du personnel Les entreprises informatisent souvent leur processus de recrutement. Elles doivent veiller à utiliser les informations collectées à bon escient. Les données collectées ne doivent servir qu'à évaluer la capacité du candidat à occuper l'emploi proposé. Ainsi, l'entreprise ne peut pas demander le numéro de sécurité sociale du candidat, pas plus que ses opinions politiques ou syndicales par exemple. Seules les personnes intervenant dans le processus de recrutement peuvent accéder aux informations relatives aux candidats. Une fois passé le stade du recrutement, l'employeur peut demander des informations complémentaires lors de l'embauche relative à la gestion administrative du personnel (type de permis de conduire, personne à prévenir en cas d'urgence,...), à l'organisation du travail (photographie du salarié par exemple) et à l'action sociale prise en charge par l'employeur (identité des ayant-droits notamment). Seules les personnes chargées de la gestion du personnel peuvent y accéder. Les supérieurs hiérarchiques peuvent toutefois accéder aux informations nécessaires à l'exercice de leurs fonctions. Les candidats comme les salariés doivent être informés préalablement de la collecte des informations. D'ailleurs ils peuvent obtenir une copie des données sur simple demande. Si le candidat ne demande pas la destruction de son dossier, l'entreprise devra les détruire dans un délai de 2 mois. S'agissant des salariés, les données sont bien sûr conservées pendant toute la durée de la relation de travail. A l'issue de la relation de travail, certaines informations doivent être conservées (bulletins de salaire notamment). Formalités Cnil Les fichiers mis en œuvre dans le cadre du recrutement doivent être déclarés àla Cnil(déclaration normale), ainsi que ceux relatifs à la gestion du personnel (déclaration simplifiée de conformité à la norme ou déclaration normale). Géolocalisation des véhicules des salariés Certaines entreprises installent des dispositifs de géolocalisation sur les véhicules de leurs salariés. Plusieurs raisons motivent cette décision : suivre et facturer une prestation de transport, assurer la sécurité de marchandises, suivre le temps de travail,...La Cnilmet en garde : un dispositif de géolocalisation ne peut être utilisé pour contrôler le respect des limitations de vitesse, pour contrôler un salarié en permanence ou pour calculer le temps de travail. Les salariés doivent en être informés et pouvoir accéder aux données enregistrées. Seuls les services concernés et l'employeur doivent pouvoir accéder aux données. Les informations ne doivent pas être conservées plus de 2 mois (sauf exceptions précisées dans la fiche thématique).
Les NTIC - nouvelles technologies (IV annee)
Les NTIC - nouvelles technologies
Les NTIC - nouvelles technologies de l'information et de la communication - occupent un rôle de plus en plus important dans les entreprises, tant dans la gestion quotidienne que dans le développement commercial ou la communication. Utilisées à bon escient, elles peuvent permettre des gains de productivité substantiels à votre entreprise et vous économiser de nombreux déplacements chronophages et ruineux. Pas besoin d’être un geek pour « skyper » avec votre fournisseur à l’autre bout de la planète, communiquer avec vos commerciaux disséminés aux quatre coins de l’Europe, répondre de façon personnalisée aux récriminations d’un client important, gérer les urgences de votre lieu de vacances…. Bref rester connecté en permanence à votre entreprise et en interaction virtuelle avec vos collaborateurs. Mais attention, l’utilisation des nouvelles technologies dans le cadre professionnel ayant pris un rythme accéléré ces dernières années, cette adoption ne va pas sans quelques dérives auxquels il faudrait rester attentif si vous ne voulez pas transformer votre boîte en version cauchemardesque du Loft… Comme toutes les nouvelles techniques, l’utilisation des nouvelles technologies au travail passent forcément par une phase d’ajustement…. Certes, il est bien pratique que vos salariés puissent répondre à vos mails à n’importe quelle heure de la journée et de la nuit, mais avez-vous pensé aux risques de confidentialité de vos données ainsi disponibles sur des supports non sécurisés ? Et la sacro-sainte séparation vie privée/ vie publique si nécessaire à votre équilibre et à celui de vos salariés ? Certes, répondre à une invitation de Rédaction de NetPME
Installer un dispositif de vidéosurveillance ou de géolocalisation, recueillir des informations sur les candidats qui postulent à un poste,... des mesures qui ne sont pas anodines et dont doit être informéela Cnil. Adéfaut, ces dispositifs ne peuvent être opposés aux salariés. Recrutement et gestion du personnel Les entreprises informatisent souvent leur processus de recrutement. Elles doivent veiller à utiliser les informations collectées à bon escient. Les données collectées ne doivent servir qu'à évaluer la capacité du candidat à occuper l'emploi proposé. Ainsi, l'entreprise ne peut pas demander le numéro de sécurité sociale du candidat, pas plus que ses opinions politiques ou syndicales par exemple. Seules les personnes intervenant dans le processus de recrutement peuvent accéder aux informations relatives aux candidats. Une fois passé le stade du recrutement, l'employeur peut demander des informations complémentaires lors de l'embauche relative à la gestion administrative du personnel (type de permis de conduire, personne à prévenir en cas d'urgence,...), à l'organisation du travail (photographie du salarié par exemple) et à l'action sociale prise en charge par l'employeur (identité des ayant-droits notamment). Seules les personnes chargées de la gestion du personnel peuvent y accéder. Les supérieurs hiérarchiques peuvent toutefois accéder aux informations nécessaires à l'exercice de leurs fonctions. Les candidats comme les salariés doivent être informés préalablement de la collecte des informations. D'ailleurs ils peuvent obtenir une copie des données sur simple demande. Si le candidat ne demande pas la destruction de son dossier, l'entreprise devra les détruire dans un délai de 2 mois. S'agissant des salariés, les données sont bien sûr conservées pendant toute la durée de la relation de travail. A l'issue de la relation de travail, certaines informations doivent être conservées (bulletins de salaire notamment). Formalités Cnil Les fichiers mis en œuvre dans le cadre du recrutement doivent être déclarés àla Cnil(déclaration normale), ainsi que ceux relatifs à la gestion du personnel (déclaration simplifiée de conformité à la norme ou déclaration normale). Géolocalisation des véhicules des salariés Certaines entreprises installent des dispositifs de géolocalisation sur les véhicules de leurs salariés. Plusieurs raisons motivent cette décision : suivre et facturer une prestation de transport, assurer la sécurité de marchandises, suivre le temps de travail,...La Cnilmet en garde : un dispositif de géolocalisation ne peut être utilisé pour contrôler le respect des limitations de vitesse, pour contrôler un salarié en permanence ou pour calculer le temps de travail. Les salariés doivent en être informés et pouvoir accéder aux données enregistrées. Seuls les services concernés et l'employeur doivent pouvoir accéder aux données. Les informations ne doivent pas être conservées plus de 2 mois (sauf exceptions précisées dans la fiche thématique).
En application du code de la propriété intellectuelle, toute reproduction son commercial sur Facebook partait certainement d’une bonne intention et vous a certainement flatté dans un premier temps…Mais avez-vous pensé aux conséquences d’une telles immersion dans l’intimité de vos collaborateurs ? Parce que ces usages nouveaux révèlent des questions nouvelles, cette rubrique s’attache à réaliser une veille attentive des risques et opportunités des nouvelles technologies, qui font désormais partie du quotidien de toutes les entreprises.
воскресенье, 26 мая 2013 г.
L’éducation aux valeurs face aux défis de la mondialisation
L’éducation aux valeurs
face aux défis
de la mondialisation
Mokhtar El Harras
1. Introduction
L’éducation aux valeurs est une composante essentielle de l’éducation scolaire. Du fait que ce sont les valeurs qui déterminent, dans une large mesure, les normes, les attitudes et les conduites des individus, leur intérêt pour l’action éducative est primordial. Tant que l’institution scolaire tend, non seulement à instruire, mais aussi à éduquer, les valeurs doivent nécessairement y occuper une place de choix. Aussi longtemps que l’école cherche, non seulement à qualifier et à former les enfants et les jeunes mais aussi à en faire des citoyens pleinement impliqués dans la dynamique de développement social, civique, et politique de leur pays, l’éducation aux valeurs s’avère incontournable.
Toutefois, si dans la société traditionnelle Marocaine les valeurs étaient, fondamentalement, le produit d’une dynamique sociale, culturelle et politique interne, actuellement d’autres lieux de production des valeurs se sont imposés autant aux enfants et jeunes qu’aux institutions chargées de les éduquer. Sur le plan de l’éducation aux valeurs, les médias modernes représentent autant de défis à la socialisation scolaire. La mondialisation est devenue tellement prégnante que sa prise en considération dans toute entreprise d’éducation aux valeurs est devenue inéluctable. La crise de l’école dans presque toutes les sociétés du monde actuel [1] nous interpelle, plus que jamais auparavant, à revisiter la question du rapport des valeurs scolaires à la mondialisation en cours.
Toutefois, les valeurs s’inscrivent dans des configurations diverses :
Le phénomène de la mondialisation
Sans prétendre à l’exhaustivité, limitons-nous à signaler que nous assistons actuellement à l’émergence d’un monde auquel l’on n’a pas cessé d’appliquer diverses sortes d’appellations : « Global Village », « Société informatique », « Société-Réseau », « Système-monde », « Langue Mondiale », [3] « Risque Global » [4], « Monde sans l’Autre », etc. Le monde actuel se caractérise de plus en plus par l’intensification des interactions transfrontalières, la diffusion à large échelle des industries culturelles mondiales, le renforcement de la centralisation des activités économiques au niveau planétaire, la perte progressive de la notion de « lieu » concernant l’existence des groupes, l’exercice du travail et le mouvement des capitaux, et la recrudescence d’une prise de conscience des individus de l’existence de cette mondialisation à travers la mobilité touristique, l’usage des médias et la consommation. Il s’agit d’une mondialisation qui s’impose à nous, et ce, à tel point que l’on n’a pas d’autre choix que d’apprendre à s’y adapter.
Rappelons que la mondialisation s’est développée fondamentalement sous l’effet de facteurs tels que :
D’autre part, la mondialisation est irréversible. Cela est dû aux facteurs suivants :
1. Mondialism : qui réfère à la prééminence de l’économie sur tout ce qui est politique, culture, éducation, environnement, société civile, etc. (le néolibéralisme en est l’expression politico-économique) ;
2. Mondialité : C’est la vie dans une société mondiale où aucun pays ni aucune communauté ne peuvent se refermer sur eux-mêmes face aux autres ;
3. Mondialisation : C’est l’ensemble des processus par lesquels des acteurs internationaux porteurs de formes diverses de pouvoir, tendances, identités, réseaux, etc., réduisent le pouvoir des Etats nationaux [6].
Chacun de ces concepts représente un défi pour l’éducation aux valeurs dans notre système éducatif. Comment ? L’on a mis l’accent tantôt sur les valeurs pouvant assurer la réussite sur le marché de l’emploi, tantôt sur celles pouvant assurer une certaine force de résistance face aux valeurs de la mondialisation.
La mondialisation est un processus qui n’est pas seulement économique, mais aussi culturel, social, politique, juridique, écologique, civil, scientifique, sécuritaire, etc. Aussi les valeurs à développer au sein de l’école doivent-elles prendre en considération la diversité des dimensions de la mondialisation.
La mondialisation diffuse ce qui positif, et ce qui est négatif (réseaux de trafic de drogues, corruption, terrorisme, exploitation sexuelle des enfants, etc.). Elle combine les valeurs de la modernité et celles de la post-modernité :
La dialectique du local et du global
Si la mondialisation tend à renforcer l’uniformité et l’homogénéité sur le terrain des valeurs, la réaction à ses effets manifeste la diversité des valeurs. Dans quel sens l’éducation aux valeurs devrait-elle s’orienter ? Est-ce qu’elle devrait uniformiser les valeurs pour donner aux enfants une identité propre et construire la nation ? Ou devrait-elle tendre, plutôt, à combiner les valeurs locales et les valeurs globales ?
L’influence de la famille, des pairs et des médias sur les valeurs des enfants est actuellement plus décisive que celle de l’école. Toutefois, quand on compare l’impact relatif de tous ces acteurs, l’on constate que ce sont surtout les médias qui transmettent aux enfants les valeurs de la mondialisation.
En plus, vu que l’école se caractérise par une certaine contrainte, les enfants peuvent plus facilement résister aux valeurs qu’elle leur transmet. Comment joindre l’éducation aux valeurs à la désirabilité de l’apprentissage ?
Les TIC sont en train de se propager à travers le monde comme jamais auparavant. Le temps que les enfants consacrent aux médias réduit l’impact de l’école. Les héros des enfants ne sont plus dans les livres scolaires, mais plutôt dans les films, les magazines, les jeux vidéos, etc. L’école est souvent critiquée pour son incapacité à contrecarrer les valeurs transmises par les médias. De tels changements se traduisent par une réduction de l’impact de la scolarisation en tant qu’instrument d’intégration sociale.
En réponse à la globalisation, le système éducatif est en train de mettre en avant les valeurs suivantes :
_ Compétitions et collaborations à l’échelle internationale,
_ Benchmarks
_ Partenariat international
_ Echange international
_ Partage international (notamment, à travers les vidéo-conférences)
_ Maximisation de la motivation, de l’initiative et de la créativité parmi les élèves
Il est fondamental de promouvoir la connaissance locale face à la mondialisation. Mais tel un arbre, cette connaissance doit avoir ses racines dans les valeurs et les traditions locales, et en même temps absorber les ressources utiles et pertinentes du système global de connaissance. Le renforcement de la connaissance locale dans une éducation globalisée requiert une identité locale, et donc, des valeurs locales et des racines culturelles. Il faut sélectionner, dans la connaissance globale, les éléments susceptibles de renforcer la connaissance locale. Cet objectif ne peut être atteint qu’en s’inspirant de la culture et des valeurs locales. Le résultat que l’on attend d’une telle action c’est de pouvoir développer une personne locale avec une perspective globale, une personne ayant la capacité d’agir localement et de se développer globalement.
Comment l’école pourrait-elle développer notre identité culturelle et nos valeurs traditionnelles tout en multipliant et en diversifiant nos interactions avec la connaissance globale ? Comment pourrait-on utiliser cette dernière pour développer notre culture locale ? En ayant une éducation scolaire bien enracinée dans la culture et les valeurs locales, l’on court moins le risque de se voir déstabilisés par les effets de la mondialisation. Plus encore, seul le développement réussi de la communauté locale et du système de connaissance local est susceptible de contribuer au développement de la communauté globale et de la connaissance globale.
Il est fondamental de préserver autant que possible la singularité de notre culture et de nos valeurs, d’entretenir un contexte d’accueil spécifique aux produits de la mondialisation. Ce qui susceptible de générer une consommation locale différente, et une interprétation culturelle différente de ces produits (Glocalization). L’exemple des combinaisons musicales [8] et nutritionnelles est particulièrement révélateur de la composition culturelle qui est en train de se développer. Ce sont les valeurs que l’on transmettra à nos enfants qui leur permettraient, soit d’utiliser de manière créative les produits de la mondialement et conformément à leurs besoins locaux, soit de se limiter à les reproduire sous une version corrompue au détriment de leur culture locale.
Si l’on veut changer les politiques mondialistes, il faut travailler sur le local (Voltaire : aux grands maux, les petits remèdes). C’est bien au niveau local que des valeurs, des cultures et des langues diverses coexistent. C’est au niveau de l’espace local que nous vivons la mondialisation. C’est à partir du local que nous tissons des rapports avec le monde et que nous constituons des communautés virtuelles. Aussi le seul moyen d’éviter la marginalité est-il de vivre pleinement la dialectique du local et du mondial. La citoyenneté globale passe nécessairement par la citoyenneté locale. L’on ne peut aimer les autres lointains que si l’on aime ceux qui vivent à proximité de nous. L’on ne peut respecter les autres identités, cultures et langues que si l’on adopte, d’abord, cette même attitude envers nos valeurs et notre culture. Celui qui ne connait pas ses valeurs, sa culture et son histoire, difficilement pourrait-il devenir un citoyen global. L’identité locale est une condition nécessaire à la compréhension et à la pratique de l’identité globale.
D’ailleurs, la mondialisation contribue à renforcer les cultures locales (« Mondialisation du nationalisme ») [9]. L’affirmation selon laquelle plus de mondialisation génère plus de culture mondialisée s’est avérée fausse [10] : relativisme culturel au lieu d’universalisme. Face aux effets d’érosion et de fragmentation des cultures locales, une « mondialisation des nationalismes » s’affirme de plus en plus.
Face au risque de distorsion des produits de la mondialisation, l’école est appelée à développer chez les élèves la capacité à utiliser positivement ses acquis, à sélectionner ce qui pourrait être pertinent et fonctionnel dans le cadre de leur culture.
L’éducation aux valeurs risque de nous conduire, soit à nous soumettre à une homogénéisation culturelle globale sous l’emprise de l’Occident, et par ce biais, à développer les mêmes valeurs de l’Occident avec les mêmes contenus et significations dans notre école, soit à opter pour le dialogue culturel, l’échange culturel et l’enrichissement de la culture moderne par des valeurs locales et des interprétations émanant de notre propre contexte culturel.
Conclusion
Une école axiologiquement neutre et vide en termes de valeurs ne peut générer des comportements positifs et stables. Une école qui ne joint pas les valeurs aux faits ne peut ouvrir la voie au développement des valeurs et des attitudes. Il est possible que certaines valeurs et attitudes circulent sporadiquement à travers ses activités éducatives, mais presque jamais une constellation de valeurs et d’attitudes humanitaires à même d’imprégner fortement le comportement des individus.
L’école a le devoir de cultiver et de développer les valeurs qui conduisent au rejet et à la lutte contre les fléaux de la mondialisation, mais aussi d’engager avec elle les dialogues et les échanges à même de promouvoir, à la fois, l’enrichissement de la culture locale et la participation active aux dynamiques qu’elle ne cesse de développer. Aussi est-il fondamental de réorganiser notre vie et notre politique éducative autour d’un axe « local – global » où il serait possible, non seulement de résister aux effets déstabilisateurs de la mondialisation et de préserver nos différences et particularités, mais aussi de pouvoir donner un sens local aux messages culturels qui nous sont continuellement transmis.
de la mondialisation
Mokhtar El Harras
1. Introduction
L’éducation aux valeurs est une composante essentielle de l’éducation scolaire. Du fait que ce sont les valeurs qui déterminent, dans une large mesure, les normes, les attitudes et les conduites des individus, leur intérêt pour l’action éducative est primordial. Tant que l’institution scolaire tend, non seulement à instruire, mais aussi à éduquer, les valeurs doivent nécessairement y occuper une place de choix. Aussi longtemps que l’école cherche, non seulement à qualifier et à former les enfants et les jeunes mais aussi à en faire des citoyens pleinement impliqués dans la dynamique de développement social, civique, et politique de leur pays, l’éducation aux valeurs s’avère incontournable.
Toutefois, si dans la société traditionnelle Marocaine les valeurs étaient, fondamentalement, le produit d’une dynamique sociale, culturelle et politique interne, actuellement d’autres lieux de production des valeurs se sont imposés autant aux enfants et jeunes qu’aux institutions chargées de les éduquer. Sur le plan de l’éducation aux valeurs, les médias modernes représentent autant de défis à la socialisation scolaire. La mondialisation est devenue tellement prégnante que sa prise en considération dans toute entreprise d’éducation aux valeurs est devenue inéluctable. La crise de l’école dans presque toutes les sociétés du monde actuel [1] nous interpelle, plus que jamais auparavant, à revisiter la question du rapport des valeurs scolaires à la mondialisation en cours.
Toutefois, les valeurs s’inscrivent dans des configurations diverses :
- Il y a des valeurs universelles
communes que tous les systèmes éducatifs contemporains doivent nécessairement
promouvoir. L’on se réfère, notamment, aux valeurs de la démocratie,
impartialité, responsabilité, intégrité, participation, coopération,
attention, respect, excellence, liberté, tolérance…
- Les valeurs sociales/conventionnelles
qui varient d’un groupe ou contexte social à l’autre ;
- Les valeurs individuelles (patience,
Travail, intégrité, autodiscipline, etc.
- Les valeurs relationnelles telles que
celles du partage, bonté, coopération, tolérance, etc. [2]
Le phénomène de la mondialisation
Sans prétendre à l’exhaustivité, limitons-nous à signaler que nous assistons actuellement à l’émergence d’un monde auquel l’on n’a pas cessé d’appliquer diverses sortes d’appellations : « Global Village », « Société informatique », « Société-Réseau », « Système-monde », « Langue Mondiale », [3] « Risque Global » [4], « Monde sans l’Autre », etc. Le monde actuel se caractérise de plus en plus par l’intensification des interactions transfrontalières, la diffusion à large échelle des industries culturelles mondiales, le renforcement de la centralisation des activités économiques au niveau planétaire, la perte progressive de la notion de « lieu » concernant l’existence des groupes, l’exercice du travail et le mouvement des capitaux, et la recrudescence d’une prise de conscience des individus de l’existence de cette mondialisation à travers la mobilité touristique, l’usage des médias et la consommation. Il s’agit d’une mondialisation qui s’impose à nous, et ce, à tel point que l’on n’a pas d’autre choix que d’apprendre à s’y adapter.
Rappelons que la mondialisation s’est développée fondamentalement sous l’effet de facteurs tels que :
- Le rôle ascendant des sociétés
multinationales dans l’économie mondiale ;
- Le flux des informations et des
images circulant à travers le monde ;
- Le développement de mécanismes
régionaux et internationaux en plusieurs domaines de l’activité
humaine ;
- L’émergence d’organisations
intergouvernementales et non gouvernementales s’activant à l’échelle
internationale ;
- L’accentuation de la crise économique
et les politiques économiques qui en dérivent à l’échelle mondiale ;
- La propagation de valeurs mondiales
telles que celles des droits de l’Homme, de la démocratie, de
l’environnement, etc. [5].
D’autre part, la mondialisation est irréversible. Cela est dû aux facteurs suivants :
- La densité croissante du commerce
mondial, du réseautage international des marchés financiers, et la
recrudescence du pouvoir des multinationales ;
- La révolution informatique qui se
poursuit ;
- Le flux quotidien d’images produites
par les industries culturelles mondiales ;
- Les revendications mondiales dans le
domaine de la démocratie, des droits de l’Homme et de
l’environnement ;
- Le renforcement continu du pouvoir des
institutions internationales ;
- La lutte contre la pauvreté qui ne
peut se développer efficacement qu’à l’échelle planétaire ;
1. Mondialism : qui réfère à la prééminence de l’économie sur tout ce qui est politique, culture, éducation, environnement, société civile, etc. (le néolibéralisme en est l’expression politico-économique) ;
2. Mondialité : C’est la vie dans une société mondiale où aucun pays ni aucune communauté ne peuvent se refermer sur eux-mêmes face aux autres ;
3. Mondialisation : C’est l’ensemble des processus par lesquels des acteurs internationaux porteurs de formes diverses de pouvoir, tendances, identités, réseaux, etc., réduisent le pouvoir des Etats nationaux [6].
Chacun de ces concepts représente un défi pour l’éducation aux valeurs dans notre système éducatif. Comment ? L’on a mis l’accent tantôt sur les valeurs pouvant assurer la réussite sur le marché de l’emploi, tantôt sur celles pouvant assurer une certaine force de résistance face aux valeurs de la mondialisation.
La mondialisation est un processus qui n’est pas seulement économique, mais aussi culturel, social, politique, juridique, écologique, civil, scientifique, sécuritaire, etc. Aussi les valeurs à développer au sein de l’école doivent-elles prendre en considération la diversité des dimensions de la mondialisation.
La mondialisation diffuse ce qui positif, et ce qui est négatif (réseaux de trafic de drogues, corruption, terrorisme, exploitation sexuelle des enfants, etc.). Elle combine les valeurs de la modernité et celles de la post-modernité :
- Scepticisme (valorisation des
sensations et intuitions au détriment de la raison) ;
- Dévotion pour ce qui est neuf pour la
simple raison qu’il est neuf ;
- Surconsommation ;
- Opportunisme ou occasionalisme :
qui privilégie le présent (le ici et maintenant) au détriment du passé et
du futur ;
- Ahistoricisme : qui renonce à la
compréhension de l’histoire, et partant, à la construction du futur à
partir d’une vision du passé ;
- Cela en plus de l’accentuation de
l’intolérance, de l’absence de solidarité et de la culture « du sauve
qui peut » [7].
La dialectique du local et du global
Si la mondialisation tend à renforcer l’uniformité et l’homogénéité sur le terrain des valeurs, la réaction à ses effets manifeste la diversité des valeurs. Dans quel sens l’éducation aux valeurs devrait-elle s’orienter ? Est-ce qu’elle devrait uniformiser les valeurs pour donner aux enfants une identité propre et construire la nation ? Ou devrait-elle tendre, plutôt, à combiner les valeurs locales et les valeurs globales ?
L’influence de la famille, des pairs et des médias sur les valeurs des enfants est actuellement plus décisive que celle de l’école. Toutefois, quand on compare l’impact relatif de tous ces acteurs, l’on constate que ce sont surtout les médias qui transmettent aux enfants les valeurs de la mondialisation.
En plus, vu que l’école se caractérise par une certaine contrainte, les enfants peuvent plus facilement résister aux valeurs qu’elle leur transmet. Comment joindre l’éducation aux valeurs à la désirabilité de l’apprentissage ?
Les TIC sont en train de se propager à travers le monde comme jamais auparavant. Le temps que les enfants consacrent aux médias réduit l’impact de l’école. Les héros des enfants ne sont plus dans les livres scolaires, mais plutôt dans les films, les magazines, les jeux vidéos, etc. L’école est souvent critiquée pour son incapacité à contrecarrer les valeurs transmises par les médias. De tels changements se traduisent par une réduction de l’impact de la scolarisation en tant qu’instrument d’intégration sociale.
En réponse à la globalisation, le système éducatif est en train de mettre en avant les valeurs suivantes :
_ Compétitions et collaborations à l’échelle internationale,
_ Benchmarks
_ Partenariat international
_ Echange international
_ Partage international (notamment, à travers les vidéo-conférences)
_ Maximisation de la motivation, de l’initiative et de la créativité parmi les élèves
Il est fondamental de promouvoir la connaissance locale face à la mondialisation. Mais tel un arbre, cette connaissance doit avoir ses racines dans les valeurs et les traditions locales, et en même temps absorber les ressources utiles et pertinentes du système global de connaissance. Le renforcement de la connaissance locale dans une éducation globalisée requiert une identité locale, et donc, des valeurs locales et des racines culturelles. Il faut sélectionner, dans la connaissance globale, les éléments susceptibles de renforcer la connaissance locale. Cet objectif ne peut être atteint qu’en s’inspirant de la culture et des valeurs locales. Le résultat que l’on attend d’une telle action c’est de pouvoir développer une personne locale avec une perspective globale, une personne ayant la capacité d’agir localement et de se développer globalement.
Comment l’école pourrait-elle développer notre identité culturelle et nos valeurs traditionnelles tout en multipliant et en diversifiant nos interactions avec la connaissance globale ? Comment pourrait-on utiliser cette dernière pour développer notre culture locale ? En ayant une éducation scolaire bien enracinée dans la culture et les valeurs locales, l’on court moins le risque de se voir déstabilisés par les effets de la mondialisation. Plus encore, seul le développement réussi de la communauté locale et du système de connaissance local est susceptible de contribuer au développement de la communauté globale et de la connaissance globale.
Il est fondamental de préserver autant que possible la singularité de notre culture et de nos valeurs, d’entretenir un contexte d’accueil spécifique aux produits de la mondialisation. Ce qui susceptible de générer une consommation locale différente, et une interprétation culturelle différente de ces produits (Glocalization). L’exemple des combinaisons musicales [8] et nutritionnelles est particulièrement révélateur de la composition culturelle qui est en train de se développer. Ce sont les valeurs que l’on transmettra à nos enfants qui leur permettraient, soit d’utiliser de manière créative les produits de la mondialement et conformément à leurs besoins locaux, soit de se limiter à les reproduire sous une version corrompue au détriment de leur culture locale.
Si l’on veut changer les politiques mondialistes, il faut travailler sur le local (Voltaire : aux grands maux, les petits remèdes). C’est bien au niveau local que des valeurs, des cultures et des langues diverses coexistent. C’est au niveau de l’espace local que nous vivons la mondialisation. C’est à partir du local que nous tissons des rapports avec le monde et que nous constituons des communautés virtuelles. Aussi le seul moyen d’éviter la marginalité est-il de vivre pleinement la dialectique du local et du mondial. La citoyenneté globale passe nécessairement par la citoyenneté locale. L’on ne peut aimer les autres lointains que si l’on aime ceux qui vivent à proximité de nous. L’on ne peut respecter les autres identités, cultures et langues que si l’on adopte, d’abord, cette même attitude envers nos valeurs et notre culture. Celui qui ne connait pas ses valeurs, sa culture et son histoire, difficilement pourrait-il devenir un citoyen global. L’identité locale est une condition nécessaire à la compréhension et à la pratique de l’identité globale.
D’ailleurs, la mondialisation contribue à renforcer les cultures locales (« Mondialisation du nationalisme ») [9]. L’affirmation selon laquelle plus de mondialisation génère plus de culture mondialisée s’est avérée fausse [10] : relativisme culturel au lieu d’universalisme. Face aux effets d’érosion et de fragmentation des cultures locales, une « mondialisation des nationalismes » s’affirme de plus en plus.
Face au risque de distorsion des produits de la mondialisation, l’école est appelée à développer chez les élèves la capacité à utiliser positivement ses acquis, à sélectionner ce qui pourrait être pertinent et fonctionnel dans le cadre de leur culture.
L’éducation aux valeurs risque de nous conduire, soit à nous soumettre à une homogénéisation culturelle globale sous l’emprise de l’Occident, et par ce biais, à développer les mêmes valeurs de l’Occident avec les mêmes contenus et significations dans notre école, soit à opter pour le dialogue culturel, l’échange culturel et l’enrichissement de la culture moderne par des valeurs locales et des interprétations émanant de notre propre contexte culturel.
Conclusion
Une école axiologiquement neutre et vide en termes de valeurs ne peut générer des comportements positifs et stables. Une école qui ne joint pas les valeurs aux faits ne peut ouvrir la voie au développement des valeurs et des attitudes. Il est possible que certaines valeurs et attitudes circulent sporadiquement à travers ses activités éducatives, mais presque jamais une constellation de valeurs et d’attitudes humanitaires à même d’imprégner fortement le comportement des individus.
L’école a le devoir de cultiver et de développer les valeurs qui conduisent au rejet et à la lutte contre les fléaux de la mondialisation, mais aussi d’engager avec elle les dialogues et les échanges à même de promouvoir, à la fois, l’enrichissement de la culture locale et la participation active aux dynamiques qu’elle ne cesse de développer. Aussi est-il fondamental de réorganiser notre vie et notre politique éducative autour d’un axe « local – global » où il serait possible, non seulement de résister aux effets déstabilisateurs de la mondialisation et de préserver nos différences et particularités, mais aussi de pouvoir donner un sens local aux messages culturels qui nous sont continuellement transmis.
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